Les papiers peints de Diane Gougeon

 

Le travail de Diane Gougeon s’immisce dans le rapport complexe entre nature et technologie. Par le biais de dispositifs multidimensionnels, son travail explore divers aspects tant symboliques que phénoménologiques de la médiation du monde physique telle qu’elle est opérée par la technologie. Des œuvres photographiques et vidéographiques s’ajoutent à la production principale d’installations.

 

Au cours des années, elle est intervenue tant dans des endroits publics que privés. En plus des lieux habituels d’exposition, son travail a investi l’espace de jardins à l’abandon, de bâtiments publics et gouvernementaux. En 1997 avec À demi-mot, puis en 2005 avec Circulaire, elle intervenait à même l’espace de la ville en utilisant des véhicules automobiles comme supports : taxis, véhicules de livraison, véhicules privés.

 

Ses œuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions individuelles. Récemment exposées au Centre d’exposition Plein Sud (Longueuil, 2013) et à Artspace (Peterborough, 2012), elles ont été présentées au Canada (Halifax, Moncton, Québec, Toronto) et à l’international (Services culturels canadiens, Paris, centre d’art contemporain Passages, Troyes) depuis une vingtaine d’années. Diane Gougeon a aussi réalisé plusieurs projets d’art public au Québec et compte trois publications monographiques sur son travail.

 

De façon ponctuelle, elle  a également été commissaire d’expositions : Montréal tout-terrain (1984), Le bénéfice du doute (1992 et 1994), collaboration d’Optica, Montréal et du Centre  St-Vincent de Herblay, France et enfin Sur l’expérience de la ville (1997), une autre production d’Optica qui a été finaliste pour le grand prix du Conseil des arts de Montréal en 1997.

 

Source: dianegougeon.com

 

Consultez le site officiel de l’artiste au dianegougeon.com

 

 

 

 

 

ARTICLES

 

 

Couverture de Volume 24, numéro 96, automne 1979, p. 15-102, Vie des arts

« Dans les premiers travaux de Diane Gougeon, on décèle une esthétique formaliste déjà raffinée; équilibre, harmonie des masses, des vides, qualité des surfaces et recherche de la composition. La spécificité du matériau n’est pas retenue et, si ce rationalisme n’exclut pas la poésie, il lui imprime une forte discipline. Puis, la rigueur formelle, sans céder d’un pas, cesse de s’imposer à la réalité de la matière. L’artiste utilise les matériaux de synthèse, béton, plexiglas, grilles métalliques, pour composer une structure, une forme qui sert de support, de contenant, mais qui ne domine pas la sculpture. […]

 

Diane Gougeon conçoit, pour l’instant, ce qu’elle appelle ses lieux géographiques ou encore ses formations géologiques pour des espaces intérieurs. Elle veut qu’ils tranchent sur l’environnement domestiqué et choquent ainsi le spectateur pour lui faire saisir un sens qui se diluerait si la pièce, intervention de l’artiste dans la nature, s’intégrait à l’espace naturel. Diane Gougeon revendique pleinement sa réflexion et le geste personnel qui en découle. »

Extrait de Germain LEFEBVRE, Vie des arts, Une sculpture qui naît d’un espace partagé, volume 24, numéro 96, automne 1979, p. 26–29

 

 

Couverture de Volume 4, numéro 3, printemps 1988, p. 4-33, Espace« Plusieurs des installations de Diane Gougeon, de Renée Chouinard, de Joyce Blair, d’Anne Fauteux, sont des espaces éphémères dont les photographies nous ont conservé le souvenir. Pour autant elles sont sculpteures, autant que Danielle Sauvé qui a présenté(18) des objets monumentaux posés au sol, formes organiques, étranges et familières à la fois, d’où se dégagent des sens paradoxaux de feu et de végétal. Des mises en scène à échelle réduite de monuments dédiés à la Raison, d’Éva Brandi(19), ne sont pas antinomiques aux fragiles constructions en équilibre, figures surgies de l’ombre, de Deborah Margo et Cynthia Van Frank(20). Et pourtant elles sont toutes sculpteures.

 

Comme les doubles noms dont les enfants des années 80 (sup)portent la longueur et le poids – celui de la mère et celui du père -, des femmes artistes sont sculpteures mais aussi peintres, performeuses mais aussi photographes, danseuses même (Françoise Sullivan, Ginette Prince): elles rêvent néanmoins de ne s’appeler qu’artistes. Le sexe des femmes pèserait-il plus lourd que celui des hommes sur leur art et dans le milieu de l’art ? Comment expliquer qu’apparaissent si peu de femmes en sculpture, non seulement au Québec mais un peu partout sur les scènes artistiques nationales ou internationales? Il y a une tradition de la sculpture liée à une force physique qui métaphorisait en quelque sorte la force créatrice de l’artiste comme héros et c’est d’une telle figure du sculpteur, un peu Géant Vert un peu Vulcain, à laquelle les femmes ont dû se mesurer sans pour autant s’y modeler. Combien d’étudiantes des Beaux-Arts, inscrites en sculpture, n’ont pas un jour ou l’autre reçu – du fait de leur petite taille – la remarque – bienveillante il va sans dire – qu’elles n’annonçaient pas pour être sculpteures? La discipline sculpture n’est plus, depuis longtemps, fondée sur la masse et le volume, la manipulation de la pierre et du bronze, mais sur l’espace et la dynamique des plans, sur la disposition spatiale des objets ou des formes dont le poids importe peu. L’image du sculpteur est néanmoins toujours au masculin qu’on le veuille ou non et cette image charrie dans le domaine culturel des stéréotypes dont les sculpteures font les frais. »

Extrait de Rose Marie ARBOUR, Espace Sculpture, Histoires de sculpt(e)ure, volume 4numéro 3, printemps 1988, p. 5–8

 

 

Curtis Joseph COLLINS, Espace Sculpture, Diane Gougeon: The Art of Recalibration, numéro 87, printemps 2009, p. 36

Marie-Josée PINARD, Espace, Diane Gougeon : les (H/h)istoires que l’on se conte, numéro 68, été 2004, p. 5-45

Marie PERRAULT, ETC , Reach Out and Touch Someone, numéro 31, septembre–octobre–novembre 1995, p. 40–42

Pascale BEAUDET, Vie des arts, Diane Gougeon : jardins et architectures, volume 34, numéro 136, automne–septembre 1989, p. 22-82

Lysanne NADEAU, Continuité, Côté cour, côté jardin, numéro 32–33–été–automne 1986, p. 60–61