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Définitions



Qu’est-ce que l’architecture temporaire ou éphémère ?

Nous reprenons ici la description donnée dans

http://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-ephemere/

 

Architecture éphémère

L'architecture éphémère n'est apparue que récemment dans le champ de l'histoire de l'art. Les historiens ne se préoccupaient autrefois que des réalisations durables. Ils étaient tributaires en cela des théoriciens classiques pour lesquels l'art de l'architecte a, par excellence, vocation à l'éternité, son but premier étant de faire passer à la postérité la gloire du mécène. Bâtir pour un jour a donc quelque chose de choquant : Sully condamne dans les Royales Œconomies d'Estat ces « magnificences qui s'écoulent incontinent de l'usage et de la mémoire ». Pourtant, cette pratique est attestée aux époques et dans les sociétés les plus diverses comme une des constantes de la culture.

Au même titre que l'architecture non bâtie, l'architecture éphémère nous paraît former un genre distinct au sein de la création architecturale. On la définira moins d'après le laps de temps qui lui est accordé et qui peut varier de quelques heures à quelques années que d'après les intentions de ses créateurs. Deux points sont alors essentiels. Le premier est l'absence d'impératifs de solidité, d'où le choix de matériaux périssables et de techniques de construction propres. Le second serait paradoxalement l'opposition au provisoire : l'architecture éphémère n'est pas un pis-aller en attendant autre chose, c'est une structure qui existe pour elle-même, le temps que quelque chose se passe. Elle apparaît alors comme fondamentalement liée à la fête, c'est-à-dire à la fois au rituel et au ludique. C'est ce que nous nous efforcerons de montrer à travers les grands moments de l'histoire de chaque type.

Les historiens des fêtes ont d'abord indiqué l'ancrage primitif, rituel et dépourvu de finalités esthétiques, d'une pratique dont le développement dans l'Occident moderne coïncide avec l'intervention de l'architecte. Les travaux des historiens de l'architecture sont plus récents et monographiques. Il n'existe pas, à notre connaissance, d'étude d'ensemble sur la question. Nous ne pourrons donc que poser quelques jalons dans un domaine fort peu exploré encore : le domaine des rapports, de complémentarité ou de rivalité.

 

Architecture éphémère

La vie devant soi

https://www.oaq.com/esquisses/archives_en_html/la_commande_publique/actualites/architecture_ephemere.html

En ces temps houleux pour l’économie, construire pour déconstruire peut être vu comme du gaspillage. Et si l’architecture éphémère contribuait plutôt au développement de villes durables?

Leslie Doumerc

Depuis quelque temps, les Genevois ne voient plus leur ville du même œil. Lorsque les beaux jours arrivent, ils sortent tables et chaises pour profiter des rues nouvellement piétonnières. D’immenses bacs à fleurs et des installations sonores incrustées dans les murs leur ont fait redécouvrir des lieux auparavant désertés.

Ces détails appréciables, ils les doivent à l’installation Les Yeux de la ville. Pendant trois étés jusqu’en 2007, la capitale suisse a proposé à ses habitants des aménagements éphémères disséminés dans la ville pour qu’ils se réapproprient l’espace urbain. Ces maquettes grandeur nature et in situ ont porté leurs fruits : quand une installation était plébiscitée par les citoyens, la Ville entreprenait les démarches pour la réalisation d’un projet pérenne.

« Ce type de projet prouve qu’une action éphémère peut provoquer des changements matériels concrets et laisser des traces pour une meilleure utilisation de l’espace public », dit la géographe suisse Marina Trayser, auteure du mémoire De l’éphémère au durable, ou les aménagements éphémères étudiés sous l’angle de la durabilité.

Dans cette recherche, elle façonne l’idée d’une architecture éphémère durable. La formulation peut faire sourciller. « A priori, “durable” est le contraire d’“éphémère” si on le comprend dans le sens de “qui dure longtemps”. Mais aujourd’hui, ce terme a gagné une nouvelle acception, dans la mesure où il est devenu l’adjectif dérivé du terme “développement durable”, s’étoffant ainsi du contenu complexe de cette notion », se défend Marina Trayser.

L’installation éphémère ne serait donc plus uniquement liée à un moment ou à une échéance et, conséquemment, à des ressources budgétaires limitées, mais ouvre la réflexion sur de futurs aménagements, même quand tout est démonté. L’éphémère rejoint ainsi une définition du développement durable : améliorer la qualité de vie des citadins sans compromettre les besoins des générations futures.