Intelligence artificielle (IA) et Création artistique

 

PRÉSENTATION

 

L’intelligence artificielle (IA) envahit aujourd’hui tous les aspects de notre vie. Les artefacts intelligents sont mis à contribution dans tous les domaines, des médias sociaux à la finance, de la science à la défense, de la politique à la robotique et à la domotique.

 

Ces développements remarquables sont dus aux grands progrès réalisés depuis le milieu des années 2000 dans le sous-type de l’IA connu sous le nom d’apprentissage automatique (machine learning). Au lieu d’opérer à la manière des systèmes de l’IA classique, dans lesquels les sorties (outputs) sont générées à partir des entrées (inputs) par le truchement de programmes conçus et mis en œuvre par des informaticiens, les systèmes d’apprentissage automatique génèrent eux-mêmes leurs propres programmes, à partir des données massives qui leur sont fournies. Les systèmes d’apprentissage automatique (tels que les classifieurs bayésiens naïfs, les machines à vecteur de support et les réseaux de neurones profonds) sont capables de faire des classifications et des recommandations, des diagnostics et des découvertes, de découvrir des corrélations insoupçonnées, de générer des prédictions et des décisions de manière autonome, avec un degré de précision souvent supérieur à celle d’un humain.

 

Les systèmes d’apprentissage automatique diffèrent ainsi des outils, même les plus sophistiqués, d’une manière cruciale. On les appelle des agents intelligents. Et ces agents intelligents commencent à investir également le domaine de l’art. Ils deviennent pour les artistes de véritables collaborateurs et créent eux-mêmes des œuvres d’art. Ils ouvrent ainsi de nouvelles possibilités, en même temps qu’ils suscitent de nouveaux questionnements, notamment sur la nature de la créativité et le statut de l’œuvre d’art.

 

Le CIAC (Centre international d’art contemporain de Montréal) s’est trouvé à l’avant-garde de la révolution informatique en art contemporain dès les années 1990. Le Magazine électronique du CIAC, publié en ligne de 1997 à 2014 et consacré à l’art numérique sous toutes ses formes – hyperlittérature, bio-art, mondes virtuels, jeux vidéos… – a connu un rayonnement international. Le Magazine du CIAC a offert tout au long de ces années un espace de réflexion multiforme aux artistes du cyberespace ainsi qu’aux critiques et aux historiens d’art. Nous avons proposé des dossiers thématiques, des critiques d’événements et nous avons fait découvrir à nos lecteurs un très grand nombre d’œuvres conçues avec les outils numériques et créées pour le web.

 

Le CIAC désire à présent ouvrir un nouvel espace de réflexion consacré aux rapports qui se tissent aujourd’hui entre l’intelligence artificielle et la création artistique et plus largement à l’impact culturel des systèmes d’apprentissage automatique dans nos sociétés.

 

 

Commissaire-directrice : Anne-Marie Boisvert
Rédactrice en chef du Magazine électronique du CIAC (2001- 2009)

 

Doctorat en philosophie
Département de philosophie
Chaire de recherche du Canada en théorie de la connaissance Université du Québec à Montréal (2008-2016)

 

Postdoctorat en philosophie de l’intelligence artificielle
Département de philosophie
Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie Université du Québec à Montréal
Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) (2017-2020)