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DE LA CONTRAINTE AU PROGRAMME



COMBINATOIRE ET PERMUTATIONS POÉTIQUES : ÉCRITURE PRÉ-INFORMATIQUE

Ce sont des pratiques combinatoires répétées qui ont fini par matérialiser ce que l'on appelle écriture. Le travail du littéraire est imprégné de combinaisons. Du Yi King1 à l'Oulipo, en passant par l'art du centon - technique remontant à l'Antiquité qui consiste à construire des textes en collant des citations empruntées à d'autres - la combinatoire hante depuis toujours les pratiques textuelles. La poésie est l'exemple du genre littéraire le plus ancien qui combine et permute des éléments : les vers, et dans ces vers les lettres.

Tout est mesuré et compté dans la poésie classique construite par le nombre; les genres du rondeau, sonnet ou virelai sont gérés par la répartition en pieds des vers au sein des strophes. Cette méthodologie de la construction poétique classique est la structure nécessaire à l'épanouissement de l'expression. Lorsque cette structure commence à peser comme un carcan, ce n'est que poussée jusqu'à ses extrêmes limites que le poème prend son sens, jusqu'au moment où la poésie s'en libère et invente d'autres contraintes pour s'exprimer.

Parmi les précurseurs ayant pu conduire tacitement au regroupement d'écrivains se plaçant sous le régime de la consigne d'écriture, Raymond Roussel. L'auteur désirait que les futurs écrivains puissent exploiter avec profit ses procédés de textualisation et a révélé quelques constructions mentales lui permettant d'écrire. Par exemple, à partir de définitions d'un même mot :
« 1° Baleine (mammifère marin) à îlot (petite île); 2° baleine (lamelle) à ilote (esclave spartiate); 1° duel (combat à deux) à accolade (deux adversaires se réconciliant après le duel et se donnant l'accolade sur le terrain); 2° duel (temps de verbe grec) à accolade (signe typographique); 1° mou (individu veule) à raille (ici je pensai à un collégien paresseux que ses camarades raillent pour son incapacité); 2° mou (substance culinaire) à rail (rail de chemin de fer). »2
Roussel procède par associations. Il prend un vocable à deux définitions (baleine). Puis, il associe à la première explication un autre vocable à deux définitions (îlot). La contrainte étant dans le maintien du sens entre les différents vocables. Lorsque le matériel de base est réuni, Roussel peut composer :
« [...] la statue de l'ilote, faite en baleines de corset, roulant sur des rails en mou de veau et portant sur son socle une inscription relative au duel d'un verbe grec. »3
C'est ainsi que Roussel ouvre la voie à des œuvres où la construction de textes s'établit moins à partir d'un sens préalable traduisant une intention d'auteur, qu'à partir d'opérations menées sur le langage lui-même.


OULIPO : CONSIGNE D'ÉCRITURE ÉRIGÉE EN GENRE LITTÉRAIRE

L'OUvroir de LIttérature POtentielle (Oulipo) est fondé par Raymond Queneau et François Le Lionnais en 1960. Le groupe comprend des littéraires (Queneau, Arnaud, Bens, Duchateau, Latis, Lescure, Queval, Schmidt), des mathématiciens (Le Lionnais, Berge, Braffort) et des correspondants à l'étranger (Blavier, Chambers, Chapman, Duchamp), tous intéressés par la création littéraire sous contrainte.

Raymond Queneau, avec son intérêt de philosophe pour les mathématiques, encylopédiste convaincu, avait déjà écrit toute son œuvre oulipienne avant même d'en organiser la théorie en fondant l'Oulipo. En 1961, Cent mille milliards de poèmes, un système de production de poèmes « à la main », sous forme de dix sonnets imprimés sur des feuilles découpées en quatorze languettes, fait connaître le groupe.

L'objectif du groupe est de contribuer à l'activité littéraire en proposant des structures, issues des mathématiques, ou en inventant des procédés « artificiels ou mécaniques », et ainsi de trouver des alternatives à la poétique classique (alexandrins, sonnets, etc.). L'analyse de l'existant constitue un vivier d'expériences dans lequel les oulipiens puisent avec délices : dans les œuvres des anciens ils exhumeront les rimes de poètes alexandrins, de grands rhétoriqueurs (Jean Meschinot, 1490) ou de poètes baroques allemands (Quirinus Kuhlmann, 1660).

L'Oulipo enseigne à un large public que l'écriture peut prendre la forme d'un jeu, dont les règles sont basées sur la manipulation d'éléments textuels. Dans « Technique du roman », Raymond Queneau révèle la structure circulaire de ses trois romans : Le chiendent, Gueule de pierre et Les derniers jours :
« Il m'a été insupportable de laisser au hasard le soin de fixer le nombre des chapitres de ces romans. C'est ainsi que Le chiendent se compose de 91 (7x13) sections, 91 étant la somme des treize premiers nombres et sa « somme » étant 1 [...] quant à 7, je le prenais, et puis le prends encore comme image numérique de moi-même, puisque mon nom et mes deux prénoms se composent chacun de sept lettres et que je suis né un 21 (3 x 7). Bien qu'en apparence non autobiographique, la forme de ce roman en était donc fixée par ces motifs tout égocentriques : elle exprimait ainsi ce que le contenu croyait déguiser. »4
Il est intéressant de s'attarder sur cette dernière phrase et de remarquer que le non-dit de l'énoncé prend corps avec la forme. L'énonciation sort du récit pour s'incarner dans un espace plus vaste révélé par la contrainte d'écriture, sorte de doublure qui soutient et charpente l'œuvre. Elle est la métaphore qui commande le transport du sens de la narration.


ALAMO : LES LITTÉRACIELS

En juillet 1981, deux membres de l'Oulipo, Paul Braffort et Jacques Roubaud proposent la création d'un groupe nouveau, se consacrant exclusivement au couple littérature et informatique. Se forme alors L'Atelier de Littérature Assistée par la Mathématique et les Ordinateurs (Alamo) qui regroupe des oulipiens mais s'élargit aussi à d'autres écrivains, enseignants ou chercheurs intéressés par la linguistique, l'intelligence artificielle ou la pédagogie5. L'Alamo poursuit les travaux entrepris par l'Oulipo. Après le virage informatique, un tournant plus scientifique et pédagogique sera pris. Succèdent aux gammes combinatoires, les techniques de substitution et de filtrage et des modélisations basés sur des travaux informatiques pointus.

L'aphorisme qui énonce brièvement des vérités d'ordre général se prête bien à celles-ci. Le mécanisme est à deux composantes : un « moule », c'est-à-dire une ou plusieurs phrases dont certains éléments ont été remplacés par des « évidements » et un système de « lexiques » dont les entrées sont susceptibles de remplir ces « évidements ». A partir de textes existants, on substitue à certaines occurrences, mots ou groupes de mots, d'autres occurrences choisies dans des listes préparées à l'avance. La difficulté réside dans la détermination du système que l'on va mettre en œuvre pour indiquer à la machine dans quelle partie du lexique qu'on lui a fourni elle doit chercher. Pour cela, on va marquer (caractériser) les mots et les évidements par des « attributs » qui permettent d'assujettir la substitution à des contraintes syntaxiques, sémantiques et stylistiques précises.

Les Alamiens n'étant pas tous informaticiens, la décision de mettre au point un « langage auteur » pour concevoir des systèmes combinatoires de production de textes est prise et le programme défini en 1984 et 1985 avec lequel seront composés les littéraciels6. L'objectif est de fournir réellement des contraintes préprogrammées dans lesquelles le scripteur n'aurait qu'à puiser, en partant d'un niveau trivial pour aboutir graduellement à des niveaux complexes jusqu'à la composition d'intrigues pré-structurées.


VARIATIONS DE LA COMBINATOIRE SYSTÉMATISÉE : VERS LA GÉNÉRATION AUTOMATIQUE POÉTIQUE

Différentes combinatoires sont classables en fonction de leur degré de complexité : partielle, restreinte, complexe, technique du moule; écritures à formules et littérature matricielle leur correspondent. La variété des éléments combinables et la technique de combinaison employée produisent un risque qui est flagrant dans la combinatoire totale (factorielle) : celui de l'illisibilité. L'illisibilité d'un texte va de pair avec son intelligibilité qui varie en sens inverse de l'information : plus l'information est nouvelle, plus il est difficile pour le lecteur de la projeter sur ses connaissances antérieures et de la comprendre.
« Si un message est totalement original, au sens de la pure combinatoire, il n'est plus qu'un assemblage parfaitement imprévisible et donc disparate de tous les signes du répertoire, le spectateur n'en a que faire, il est submergé, il renonce; si, au contraire, le message est totalement intelligible, il est, à la limite, totalement banal, parfaitement attendu, tout à fait dépourvu d'intérêt car le spectateur sait déjà tout ce qu'il contient. »7
La période charnière de 1984-1985 fait ressortir une mutation dans la recherche créative française : la littérature assistée par ordinateur - produit d'une convergence entre pratiques littéraires et théories mathématiques - s'autonomise et cherche sa place au sein de la littérature. La linguistique saussurienne qui étudie l'organisation systématique de la langue, le structuralisme linguistique et la grammaire générative de Chomsky sont les prérequis scientifiques à la génération automatique de textes. Grâce à ces sciences, le travail formel du littéraire est rendu visible. Écrire est un travail, un travail de composition qui peut prendre des formes de plus en plus abstraites, y compris celle de la modélisation d'un texte machinique. Des auteurs comme Jean-Pierre Balpe s'en saisissent et renouvellent profondément le genre poétique de la variation littéraire.

Balpe8 distingue quatre expressions dans les formes littéraires : la règle, la contrainte, le texte à programme et le texte programmé. Les consignes d'écritures composée de règles et de contraintes font partie des procédures que les auteurs s'imposent à eux-mêmes pour composer et atteindre leurs objectifs. L'écriture à consignes sur le web peut être l'application de règles conduisant à un exercice de style (comme 2002: a Palindrome Story in 2002 Words de Nick Montfort et William Gillepsie) ou des contraintes appliquées par un collectif d'écriture comme Echolalie de Jacques Tramu - qui fréquente les Lundi de l'Oulipo - site « anonyme » constitué d'inventaires à la Prévert qui a pour ambition de réunir toutes les listes finies de moins de 666 caractères de long et au maximum de 666 lignes. Le wiki Echolalistes, créé en mai 2002, alimente régulièrement les listes « à la Perec » par une écriture collective en ligne. Il recèle des trésors d'inventions comme par exemple cette ListeDeWares.

Philippe Bootz, poète-éditeur9, fait une classification analogue en distinguant la littérature combinatoire publiée sous forme imprimée de la littérature algorithmique informatisée, par l'inaccessibilité des règles de construction des formes de surface. Dans la littérature algorithmique, le lecteur ne peut manipuler l'œuvre qu'avec ce que lui offre l'interface alors que, dans la littérature combinatoire imprimée, l'auteur délivre souvent au lecteur les règles de sa contrainte d'écriture tout en lui proposant d'autres règles pour développer une lecture. L'exemple sans doute le plus parlant est celui des Cent mille milliards de poèmes de Queneau. Le lecteur du dispositif livresque fabrique lui-même des sonnets de manière automatique en permutant les alexandrins imprimés sur des languettes de papier.

Dans les textes à programme, des règles spatio-temporelles engramment la lecture. Le texte n'appartient qu'à l'auteur qui consacre un temps non négligeable de son écriture à prévoir les lectures possibles de son œuvre. Il est possible de classer dans cette catégorie l'hyperlittérature, au sens où l'hypertexte signifie une forme de texte électronique associant :
  • une technologie informatique : association/ rangement des informations, basée sur des liens et des nœuds édités ou calculés structurant des données statiques ou dynamiques,
  • à un dispositif de communication, où la publication suppose un travail de création lorsqu'elle est à la charge de l'auteur. Le défi à relever pour le scripteur étant de gérer les choix variés et ou changeants qu'il offre à la lecture.
D'où ces sites où l'auteur joue sur l'accès au texte comme dans Dawn, où Alan Sondheim joue avec la temporalité d'affichage d'un texte apparaissant et disparaissant sur des photos défilant dans un diaporama. Millie Niss propose des lectures multiples de fragments de The Dancing Rhinoceri of Bangladesh. Reiner Strasser prend en compte les clics de souris du lecteur dans l'affichage de In the White Darkness. Cette catégorie d'œuvres cinétiques exploite conjointement dimension temporelle et dimension multimédia. Le mouvement est au cœur du travail poétique au sens de jeux sur la matérialité du texte et sur le signifiant (mode d'apparition, animation, déformation dans les textes de Vingt ans après de Sophie Calle). Le travail du lecteur est performatif comme dans The Intruder de Natalie Bookchin.

Les textes programmés se distinguent des précédents par l'abandon de la création directe des textes par l'auteur qui laissent cette tâche aux algorithmes. L'auteur s'affronte au méta-littéraire en programmant des formes littéraires. Pour Balpe, il y a générativité à partir du moment où un automatisme produit un nombre de données infini aux yeux d'un lecteur. Numérisé, le texte virtuel offre de nouvelles expérimentations; on peut même programmer son émergence. La contrainte d'écriture mentale s'externalise alors en algorithmes : ici, elle prend la forme du moteur de génération de textes littéraires. L'auteur modélise un objet abstrait manipulé par des règles sémantico-syntaxiques précises. Puis, il alimente son automate et trie, classe des listes, conçoit des dictionnaires, choisit le vocabulaire et délègue à la machine le pouvoir de composer.

Combinant aléatoire, contraintes d'écritures et programmation, le roman Trajectoires est emblématique du genre par l'association de ses contraintes de calcul avec la générativité : 24 jours, 24 personnages, 96 pages. A partir de l'une des 12 lettres du mot « trajectoires » ou de l'un des chiffres de 1 à 24 jours, l'internaute clique et génère un texte introduit par une séquence animée. Les textes ne sont pas pré-écrits mais les phrases se combinent en temps réel, à partir de 96 logiciels d'écriture automatique et interactive. En exergue, des citations issues de textes littéraires soulignent l'œuvre. Un arbre généalogique se construit progressivement sous les yeux du lecteur, matérialisant les personnages rencontrés. Précédant le titre d'un texte généré, un fragment d'image est téléchargeable par le lecteur. En disposant bout-à-bout ces fichiers-images, le lecteur découvre le visage des coupables. Ce n'est d'ailleurs pas la seule manipulation donnée au lecteur puisqu'en s'identifiant, le lecteur rejoint la communauté des lecteurs de Trajectoires avec lesquels il lui est possible de communiquer sur l'œuvre par l'intermédiaire d'un forum.

La pratique poétique de la génération de textes produit ses propres genres où l'art du pastiche est bien représenté comme le Poétron de Mel Vadeker. Après Bernard Magné, Rodrigo Reyes présente ses générateurs simplifiés; il a démarré Charabia.net, un site web de génération automatique de textes aléatoires en 2000 en présentant trois générateurs de textes. Le site en compte aujourd'hui 183. Ses prétentions sont de l'ordre du jeu littéraire humoristique.

La mise en scène spatio-temporelle du texte à l'écran nous amène à la poésie et à ses multiples jeux sur le signifiant. Les pratiques poétiques traversent en les combinant les quatre formes qui viennent d'être décrites. Signalons For All Seasons d'Andreas Müller et ses arbres à lettres ainsi que Exquisite Copse de Neil Jenkins qui génère les rameaux d'arbres-livres pour la réussite de leurs programmations visuelles. Poésie spatialiste, visuelle et animée, sonore, se ressourcent et se transforment sur les médias informatiques. Il ne reste quelquefois du texte que des phonèmes comme le pratique Alexandre Gherban10.

La génération est entrée aujourd'hui dans de nombreuses œuvres de créations numériques. De la notion de texte à programme (tel que Perec l'aborde dans son organigramme intitulé « L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation »11) on est passé à celle de texte programmé, c'est-à-dire produit par un programme. C'est cette notion de programme qui a rassemblé dans le groupe Transitoire Observable, les auteurs Philippe Bootz, Alexandre Gherban, Tibor Papp, Jean-Pierre Balpe et Antoine Schmitt), autour de la notion de « littérature et art programmés ». Mais est-ce encore de la littérature...





Notes
1 : Le Livre des mutations (Yi King) est un corpus de divination de la Chine antique composé de 64 signes. La base de son système divinatoire repose sur huit trigrammes, chacun étant composé d'une combinaison de trois lignes superposées, pleines ou brisées. La combinaison de deux trigrammes donne des hexagrammes dont les possibilités combinatoires donnent soixante-quatre variantes.

Les origines du Yi King sont incertaines mais on peut dater à (-1500) la collection de signes appelée Yi et utilisée par les devins dans les maisons royales de la Chine ancienne. La mise au point de la méthode de consultation avec des baguettes d'achillée date de (-1100) et le livre tel que nous le connaissons est virtuellement le même depuis plus de deux mille ans.  

2 : Raymond Roussel, Comment j'ai écrit certains de mes livres, Éditions Gallimard, 1935.  

3 : Ibid.  

4 : Raymond Queneau (1937), « Technique du roman », dans Bâtons, chiffres et lettres, 1994, p : 29.  

5 : Ce groupe comprenait à l'origine Simone Balazard, Jean-Pierre Balpe, Marcel Benabou, Mario Borillo, Michel Bottin, Paul Braffort, Paul Fournel, Pierre Lusson et Jacques Roubaud, rejoints ensuite par Anne Dicky, Michèle Ignazi, Josiane Joncquel, Jacques Jouet, Nicole Modiano, Héloïse Neefs, Paulette Perec et Agnès Sola (Jean-Pierre Balpe et Pierre Lusson n'y resteront environ qu'une année).  

6 : Trois littéraciels sont conçus et utilisés dans des ateliers d'écriture, du lycée à l'université, en passant par les Maisons de la Culture à Villeneuve-lez-Avignon, Sommières, Saint-Quentin, Sarrebrück, Niort, Liège, Toulouse et Bordeaux. Et aussi aux Etats-Unis avec Alamo-USA (Marvin Green, Gerald Honigsblum, Robert Wittig, et coll.), en Italie avec Teano (Marco Maiocchi et coll.) et à Genève avec Infolipo (Ambroise Barras).  

7 : Abraham Moles, Art et ordinateur, Tournay, Casterman, 1971, Paris, Blusson Editeur, 1990.  

8 : Jean-Pierre Balpe, Règles, contraintes, programmes, 2005.  

9 : La revue alire, éditée par Mots-Voir.  

10 : gherban.free.fr.  

11 : Georges Perec, « L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation », dans Enseignement programmé, n° 4, décembre 1968, Hachette-Dunod, p. 44-66.  




Evelyne Broudoux

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